Ce que dit le texte
Depuis le 11 août 2026, il est interdit en France de démarcher un consommateur par téléphone sans avoir obtenu au préalable son consentement. La fiche pratique de la DGCCRF est sans ambiguïté sur la forme que doit prendre ce consentement : il doit être « libre, spécifique, éclairé, univoque et révocable », et recueilli par « un acte positif clair ».
Trois obligations concrètes en découlent, et ce sont elles qui changent la vie des entreprises concernées :
- Le consentement vaut un an au maximum, et la personne peut le retirer à tout moment.
- La preuve doit être conservée trois ans, et mise à disposition de la personne si elle la demande.
- Certains secteurs sont totalement interdits au démarchage téléphonique, quel que soit le consentement : la rénovation énergétique, l'adaptation du logement à la perte d'autonomie, et le compte personnel de formation.
Deux exceptions subsistent : l'appel passé dans le cadre de l'exécution d'un contrat en cours et en rapport avec l'objet de ce contrat, et la prospection pour les journaux, périodiques et magazines.
Et le B2B ? Le texte ne le concerne pas
C'est le point que la plupart des articles publiés cet été ont mal rendu, et c'est le seul qui compte pour quelqu'un qui vend à des commerçants et à des artisans. L'obligation de consentement porte sur le démarchage du consommateur — la fiche définit le démarchage comme le fait de contacter quelqu'un « en vue de conclure un contrat relatif à la vente de biens ou à la fourniture de services », et le régime décrit est celui du droit de la consommation.
Appeler un restaurant sur le numéro de son restaurant, un garage sur celui de son atelier, une pharmacie à son comptoir : ce sont des appels vers des professionnels, dans le cadre de leur activité. Ils ne tombent pas sous cette obligation de consentement préalable.
La zone grise, et elle est réelle. Une part importante des très petites entreprises n'a qu'un seul numéro publié, et c'est un portable qui sert aussi de ligne personnelle. Un artisan seul, un auto-entrepreneur, un commerçant qui vient de s'installer : la frontière entre « ligne professionnelle » et « ligne personnelle » n'y est pas nette, et personne ne peut dire d'avance de quel côté un juge la mettrait.
La règle de prudence est simple, et elle est de toute façon la bonne règle commerciale : quand le seul numéro disponible ressemble à un portable personnel, écrivez plutôt que d'appeler. Un email de prospection vers un professionnel repose sur un fondement juridique différent, et plus confortable.
Pour l'email, rien n'a changé — et c'était déjà plus souple
La CNIL est explicite sur la prospection par courrier électronique vers les professionnels : elle « peut être fondée sur l'intérêt légitime de l'organisme lorsque l'objet de la sollicitation est en rapport avec la profession de la personne démarchée ». Pas de consentement préalable, donc — mais deux conditions qui ne sont pas des formalités.
Première condition : la pertinence. L'objet doit être en rapport avec la profession de la personne. Proposer un site de réservation à un hôtelier, oui. Lui proposer une assurance-vie parce que son adresse figurait dans le même fichier, non. Ce n'est pas une question de politesse : c'est la base même du fondement juridique invoqué.
Seconde condition : l'information et l'opposition. La CNIL précise que « lorsque les données sont déjà en possession de la société ou acquises auprès de tiers, il faut s'assurer que la personne concernée a été informée de la possible utilisation de son adresse électronique ou son numéro de téléphone pour de la prospection et est en mesure de s'y opposer ». Autrement dit : un moyen de se désinscrire qui fonctionne réellement, et une information claire sur l'origine des données.
C'est la partie que les fichiers achetés rendent difficile à tenir. Si vous ne savez pas d'où vient une adresse, vous ne pouvez pas dire à la personne d'où elle vient.
Ce que ça change dans la pratique, pour trois situations
| Vous voulez… | Ce qui s'applique |
|---|---|
| Appeler des commerces sur leur ligne professionnelle | Rien de nouveau. L'obligation de consentement du 11 août 2026 vise les consommateurs. |
| Appeler un artisan sur son portable, seul numéro publié | Zone grise. Préférez l'email : le fondement juridique y est plus clair. |
| Envoyer des emails à des professionnels | Intérêt légitime possible, à deux conditions : sollicitation en rapport avec leur profession, et opposition facile et effective. |
La lecture longue, et honnête
Ce texte ne tue pas la prospection : il tue la prospection de masse indifférenciée vers les particuliers, qui était de toute façon en train de mourir d'elle-même à force d'être détestée. Pour qui vend à des professionnels, il produit même un effet inverse de celui qu'on craignait : il éclaircit le terrain. Moins d'appels automatisés en circulation, c'est un appel préparé qui a plus de chances d'être écouté.
La vraie contrainte n'a jamais été juridique. Elle est que la plupart des appels ne disent rien que le prospect ne pourrait entendre de dix autres personnes la même semaine. Ça, aucune loi ne le règle.
Sources, vérifiées le 15 septembre 2026 : DGCCRF — Les règles du démarchage téléphonique s'imposant aux entreprises ; CNIL — La prospection commerciale par courrier électronique. Cet article n'est pas un avis juridique : le droit évolue, et une situation particulière peut appeler une réponse particulière.
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Le démarchage téléphonique est-il interdit depuis le 11 août 2026 ?
Il est interdit d'appeler un consommateur sans son consentement préalable. Ce consentement doit être libre, spécifique, éclairé, univoque et révocable, il vaut un an au maximum, et la preuve doit être conservée trois ans. Trois secteurs sont totalement interdits quel que soit le consentement : la rénovation énergétique, l'adaptation du logement à la perte d'autonomie et le compte personnel de formation.
Peut-on encore appeler des entreprises pour prospecter ?
Oui, sur une ligne professionnelle. L'obligation de consentement du 11 août 2026 concerne le démarchage des consommateurs, pas les appels vers des professionnels dans le cadre de leur activité. La prudence s'impose quand le seul numéro publié est un portable qui sert aussi de ligne personnelle : dans ce cas, l'email est plus confortable.
Faut-il un consentement pour envoyer un email de prospection à une entreprise ?
Non. La CNIL admet que la prospection vers un professionnel repose sur l'intérêt légitime, à deux conditions : l'objet de la sollicitation doit être en rapport avec la profession de la personne, et celle-ci doit avoir été informée de cet usage de son adresse et pouvoir s'y opposer facilement.