La question est mal posée, et c'est pour ça qu'elle est difficile
« Trouver des prospects » sous-entend qu'il existe quelque part une liste d'entreprises qui attendent qu'on les appelle. Cette liste n'existe pas. Ce qui existe, ce sont des entreprises — presque toutes, presque partout — et parmi elles une minorité chez qui quelque chose vient de changer. Une ouverture, un déménagement, un recrutement, un site qui est tombé, une fiche Google laissée à l'abandon.
La différence entre une liste et une liste utile ne tient pas au nombre de noms : elle tient à ce que vous savez sur chaque nom avant d'appeler. Cinq entreprises dont vous savez pourquoi vous appelez valent mieux que cinq cents dont vous ne savez rien. C'est la seule idée de cette page ; tout le reste en découle.
Ce qui suit dit donc deux choses : où sont les données publiques — et il y en a beaucoup, gratuitement — et surtout ce qu'aucune de ces sources ne donne, parce que c'est là que la plupart des gens perdent leur temps.
Les cinq sources publiques, et ce que chacune donne vraiment
| Source | Ce qu'elle donne | Ce qu'elle ne donne pas |
|---|---|---|
| Les registres d'entreprises (Sirene, BCE en Belgique) | L'existence, le nom, l'adresse, l'activité, et surtout la date de création. Publié en données ouvertes. | Ni téléphone, ni email, ni site. Une entreprise créée il y a huit jours n'a encore rien — c'est justement ce qui la rend intéressante. |
| Les annonces légales (BODACC) | Les changements officiels : créations, changements de dirigeant, transferts de siège, procédures. | Aucune coordonnée. C'est un signal, pas un carnet d'adresses. |
| Les cartes et fiches de lieux (Google) | Le téléphone, les horaires, la note et le nombre d'avis, l'adresse du site s'il y en a un. | Jamais l'email. Aucune plateforme de cartes n'en publie. Et les conditions d'usage de ces données limitent fortement ce qu'on peut en stocker. |
| OpenStreetMap | Des commerces avec leurs attributs, dont l'absence de site web — et c'est gratuit, sous licence ODbL, à condition de créditer les contributeurs. | La complétude. C'est une base contributive : elle ignore une partie des entreprises, et elle ne prétend pas le contraire. |
| Les annuaires de certification et les offres d'emploi | Une qualification que rien d'autre ne donne : une entreprise certifiée a passé un audit ; une entreprise qui recrute a de l'activité maintenant. | Une couverture générale. Ce sont des filtres puissants sur des secteurs précis, pas des listes de masse. |
Retenez la troisième ligne : personne ne vend les emails, parce que personne ne les a. Les adresses valides sont celles que les entreprises publient elles-mêmes sur leur propre site — et les récupérer là est le seul chemin honnête. Tout vendeur qui promet « la base email complète d'un secteur » vend soit des adresses devinées, soit des adresses revendues dix fois.
Le piège de la zone, que presque tout le monde fait
Vous avez choisi un métier et une ville. Vous tapez le code postal « de la ville ». Et vous venez, sans le savoir, d'exclure une partie de votre marché — parce qu'un code postal et une commune, ce n'est pas la même chose, et la France est pleine de contre-exemples vérifiables :
- Le 51000 n'est pas Reims mais Châlons-en-Champagne. Reims, plus grande ville de la Marne, n'a qu'un seul code postal : 51100.
- Le 57070 est partagé par six communes autour de Metz. Une recherche sur ce code ramène surtout des entreprises qui ne sont pas à Metz.
- Toulouse a six codes postaux. Chercher sur le seul 31000 laisse les cinq autres dehors.
- Paris en a vingt-et-un, pas vingt : le 16e porte 75016 et 75116.
- À Bruxelles, le mot désigne soit une commune, soit dix-neuf. L'écart de volume est d'un ordre de grandeur.
Chaque page ville de ce site donne les codes postaux réels de la commune, relevés à l'API officielle de l'État, et le piège propre à cette ville. C'est cinq minutes de lecture qui évitent une campagne entière tirée à côté.
Ce que le droit autorise, et ce qui a changé le 11 août 2026
Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique a changé en France — et il faut savoir exactement ce que ça change pour vous.
Appeler un particulier sans son consentement préalable est désormais interdit. Le consentement doit être « libre, spécifique, éclairé, univoque et révocable », obtenu par un acte positif clair, il vaut un an au maximum, et la preuve doit être conservée trois ans.
Cette obligation de consentement ne s'applique pas aux appels vers des professionnels dans le cadre de leur activité : le texte visé concerne le démarchage des consommateurs. Prospecter un restaurant, un garage ou une pharmacie sur sa ligne professionnelle reste donc possible.
La nuance qui compte : un artisan ou un auto-entrepreneur dont le seul numéro publié est un portable personnel n'est pas dans une situation aussi nette. En cas de doute, l'email vaut mieux que l'appel.
Côté email, la CNIL est explicite : vers un professionnel, la prospection peut reposer sur l'intérêt légitime, sans consentement préalable, à deux conditions — que l'objet de la sollicitation soit en rapport avec la profession de la personne, et qu'elle ait été informée de cet usage de son adresse et puisse s'y opposer facilement.
Sources : DGCCRF — Les règles du démarchage téléphonique s'imposant aux entreprises et CNIL — La prospection commerciale par courrier électronique. Vérifié le 15 septembre 2026. Ce n'est pas un avis juridique : le droit bouge, et votre situation peut être particulière.
Deux conséquences pratiques, au-delà du texte. La première : l'information et le droit d'opposition ne sont pas des formalités de bas de page, ce sont les conditions de la légalité — une adresse de désinscription qui fonctionne vaut mieux qu'une page de conditions générales. La seconde : la pertinence n'est pas qu'une question d'efficacité. Une sollicitation « en rapport avec la profession » de la personne est la base même de l'intérêt légitime ; proposer un site web à un restaurateur en est un, lui proposer une assurance-vie n'en est pas.
La méthode, dans l'ordre
- Un métier, pas « les commerçants ». Un boulanger et un hôtelier n'achètent pas la même chose et ne se joignent pas aux mêmes heures. Choisissez-en un, apprenez-le, puis passez au suivant.
- Une zone que vous connaissez vraiment — avec ses codes postaux réels, et l'intercommunalité autour, qui double ou triple souvent le nombre d'entreprises accessibles.
- Un signal, pas une liste. Sans site, ou une fiche Google qui renvoie vers un lien mort, ou une création récente. Sans signal, vous appelez des gens qui n'ont pas de problème.
- Les coordonnées, dans le bon ordre. Le téléphone vient de la fiche, l'email se lit sur le site. Si l'entreprise n'a pas de site, elle n'a pas d'email trouvable : c'est un appel, pas un mail.
- Une phrase qui prouve que vous avez regardé avant d'appeler. C'est la seule chose qui distingue votre appel du précédent.
- Une trace de ce qui a été dit et à qui. Rappeler quelqu'un en ayant oublié la conversation d'avant coûte plus cher que de ne pas rappeler.
Les deux étapes qui font échouer les autres sont la troisième et la cinquième. Tout le monde sait faire une liste ; presque personne ne sait pourquoi il appelle ce numéro-là aujourd'hui.
Combien de prospects par jour ?
Aucun chiffre honnête ne peut être donné ici, et méfiez-vous des pages qui en donnent : ça dépend du métier, du panier, de votre voix et de l'heure. Ce qui est en revanche certain, c'est la forme de la contrainte. Le volume d'appels est limité par votre journée. Le volume d'emails est limité par votre boîte d'envoi, pas par votre motivation : au-delà d'un certain rythme, votre domaine est classé en indésirable et vous avez brûlé l'outil, pas le marché.
La bonne question n'est donc pas « combien par jour » mais « combien de fois je peux faire ça avant que ça cesse de marcher ». Une cadence lente et régulière tient des années ; une campagne de masse tient une semaine.
Les guides par métier
Chacun contient qui décide, la fenêtre horaire réelle, le signal à repérer, un script d'appel mot à mot, un modèle d'email, et l'objection que vous allez entendre.
Vous voulez sauter les cinq premières étapes ?
myprospect.io fait le métier, la zone, le signal et les coordonnées. Les entreprises créées cette semaine dans votre zone arrivent dans vos signaux sans que vous cherchiez.
Ouvrir myprospect → Voir la démoQuestions fréquentes
Comment trouver des prospects gratuitement ?
Les registres d'entreprises (Sirene en France, BCE en Belgique) et les annonces légales du BODACC sont publics et gratuits : ils donnent les créations et les changements, donc les signaux. OpenStreetMap donne des commerces avec l'indication d'absence de site web, sous licence ODbL. Ce qu'aucune source gratuite ne donne, c'est l'email : il se lit sur le site de l'entreprise, et nulle part ailleurs.
Où trouver des fichiers d'entreprises avec emails ?
Aucune source publique ne publie d'emails d'entreprises, et aucune plateforme de cartographie n'en donne. Les adresses valides sont celles que les entreprises publient elles-mêmes sur leur propre site. Un « fichier complet avec emails » vendu pour un secteur entier contient donc soit des adresses devinées d'après un modèle, soit des adresses déjà revendues à beaucoup d'autres.
Faut-il le consentement d'une entreprise pour la démarcher ?
Pas pour l'email : la CNIL admet l'intérêt légitime vers un professionnel, à condition que l'objet soit en rapport avec sa profession, qu'elle en soit informée et puisse s'y opposer facilement. Pas non plus pour l'appel sur une ligne professionnelle : l'obligation de consentement entrée en vigueur le 11 août 2026 en France concerne le démarchage des consommateurs. La prudence s'impose quand le seul numéro publié est un portable personnel.
Quel est le meilleur signal pour repérer un bon prospect ?
Un changement récent. Une entreprise créée il y a quelques semaines n'a ni site, ni fiche, ni prestataire — et celui qui appelle le jour où elle publie enfin son numéro est le premier. Viennent ensuite : une fiche qui renvoie vers un lien mort ou une page de réseau social, une excellente note sans aucune présence en ligne, un recrutement en cours.
Combien de prospects faut-il contacter par jour ?
Aucun chiffre général n'est honnête : cela dépend du métier, du montant vendu et du canal. La contrainte réelle n'est pas votre motivation mais votre outil d'envoi : au-delà d'un certain rythme d'emails, votre domaine est classé en indésirable et vous avez brûlé le canal. Une cadence lente et régulière tient des années.